Subventions mondiales aux combustibles fossiles

Global

Ce document du FMI met à jour les estimations de subventions mondiales aux combustibles fossiles, définies comme la consommation de carburant multipliée par l'écart entre les prix existants et efficients (c'est-à-dire les prix justifiés par les coûts d'approvisionnement, les coûts environnementaux et les considérations de revenus), dans 191 pays. À échelle mondiale, les subventions sont restées importantes à 4,7 billions de dollars (6,3 pour cent du PIB mondial) en 2015 et devraient atteindre 5,2 billions de dollars (6,5 pour cent du PIB) en 2017. Les principaux subventionneurs en 2015 étaient la Chine (1,4 billion de dollars) et les États-Unis (649 milliards de dollars), La Russie (551 milliards de dollars), l'Union européenne (289 milliards de dollars) et l'Inde (209 milliards de dollars). Environ trois quarts des subventions mondiales sont dues à des facteurs internes - la réforme de la tarification de l'énergie reste donc largement dans l'intérêt national des pays - tandis que le charbon et le pétrole représentent ensemble 85 % des subventions mondiales. Une tarification efficace des combustibles fossiles en 2015 aurait réduit les émissions mondiales de carbone de 28%, les décès dus à la pollution atmosphérique par les combustibles fossiles de 46%, et augmenté les recettes publiques de 3,8% du PIB.

Risque d'actifs bloqués dans l'industrie du charbon

Afrique du Sud

Alors que les prix des énergies renouvelables continuent de baisser en dessous des prix de l'électricité conventionnelle, la demande future de combustibles fossiles diminue. Les investisseurs du monde entier limitent les investissements dans ce secteur. Les experts ont estimé que des actifs de combustibles fossiles d'une valeur comprise entre 1 et 4 billions de dollars pourraient être bloqués, en fonction de la rigueur de l'action climatique mondiale. L'Afrique du Sud, économie à forte intensité de charbon, est particulièrement menacée dans le contexte de cette transition mondiale imminente. Ce risque découle non seulement de ses revenus d'exportation de charbon, mais également de ses investissements continus dans les capacités nationales en combustibles fossiles. Avec l'impératif national de passer à une économie sobre en carbone, les actifs existants d'une valeur de 31,2 milliards de dollars risquent de se retrouver bloqués. Des études estiment que les investissements futurs prévus mettront en danger d'autres actifs d'une valeur de 25 milliards de dollars. Les pays peuvent éviter de tels risques grâce à une planification climatique à long terme.

Moratoire sur le charbon

Philippines

Les Philippines, l'un des pays insulaires les plus vulnérables au monde face au changement climatique, ont récemment annoncé un moratoire sur les nouvelles centrales au charbon dans un avenir prévisible. Les Philippines étaient confrontées à de lourdes pannes en raison de la rigidité de leur système électrique actuel, qui dépend fortement de l'électricité à base de charbon. Pour y remédier, le pays prévoit d'accroître la flexibilité de leurs centres d'approvisionnement et de demande d'énergie et mettront davantage en valeur les énergies renouvelables. Cela peut être considéré comme une réponse stratégique à la tendance mondiale à l'élimination progressive du charbon et fait suite aux déclarations climatiques ambitieuses des principales économies asiatiques telles que le Japon, la Chine et la Corée du Sud. Avec cette déclaration, les Philippines ont signalé aux investisseurs internationaux que le pays était prêt à investir dans les énergies renouvelables. Le pays a également récemment autorisé des investissements étrangers à 100% dans des projets exploitant les riches ressources d'énergie propres du pays, y compris géothermique.